Interview : Olivier De Gabrielli, directeur associé de Thésame

Interview Mécatronique ThésameRencontre avec… Oliver De Gabrielli, directeur associé de Thésame premier réseau français et -osons-le!- européen technologique dédié à la mécatronique. Il nous parle de trois thèmes centraux : la norme mécatronique (et donne au passage une définition très juste de la mécatronique), les enjeux des formations en mécatronique, et enfin, il évoque la difficulté couplée aux avantages dont bénéficient les entreprises à penser « mécatronique ».


Transcription de la vidéo :

Je suis Olivier De Gabrielli, je travaille pour Thésame, on est localisés en Haute-Savoie, notre objectif, nos missions sont de développer les activités mécatroniques,à destination de l’industrie bien sûr, et puis également l’enseignement , la recherche. L’objectif final, c’est d’aider les industries à développer des produits mécatroniques, à être plus performant, d’améliorer la performance industrielle et en particulier par le développement de produits mécatroniques.

Une partie de votre travail porte sur la normalisation de la mécatronique. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il y a une première norme qui a été publiée il y a un an sur le vocabulaire, ça a été la première norme technique spécifiquement dédiée à la mécatronique, qui a défini quelques termes de vocabulaire comme la mécatronique, il y a eu pas mal de définitions qui ont été proposées dans les années…depuis que le mot mécatronique existe, c’est à dire depuis 40
ans, donc le besoin s’est fait sentir de préciser un petit peu les choses, de se mettre d’accord collectivement sur une définition de la mécatronique, également sur ce qui est un produit mécatronique , puisque le mot mécatronique, l’adjectif mécatronique n’a pas tout à fait le même sens, le mot mécatronique étant la description d’une démarche, alors que l’adjectif
mécatronique étant la description fonctionnelle d’un produit, le deuxième document, c’est une norme expérimentale sur le processus de cycle de vie des produits mécatroniques.

Comment travaillez-vous avec les formations mécatroniques en France ?

On a organisé des rencontres entre les universitaires et l’industrie pour échanger au niveau de la formation en mécatronique, parce que c’est un sujet qui est d’actualité, il y a pas mal de formations mécatroniques qui se sont montées depuis quelques années et il y a tout un travail en terme de pédagogie, de contenu pédagogique sur d’abord ce qu’est la compétence mécatronique et comment enseigner cette compétence, c’est un sujet qui n’est pas très très facile, et c’est important pour les enseignants d’avoir le maximum de contacts avec les entreprises, pour pouvoir caler, pour pouvoir ajuster les formations, le contenu des formations, pour que ça s’adapte au mieux aux besoins des entreprises.

Quelles sont les difficultés à promouvoir la mécatronique auprès des entreprises ?

C’est sûr qu’il y a une difficulté dans le fait que ce n’est pas une discipline scientifique supplémentaire, mais une démarche,  ce qui veut dire que ça ne se traite pas comme un sujet technique . Au niveau des entreprises, la difficulté, en tout cas, les freins à la diffusion, c’est l’impact que ça a au niveau de tous les processus de l’entreprise, c’est-à-dire que la mécatronique n’est pas qu’un sujet technique pour le bureau d’études. Ca a des impacts dans les autres secteurs, dans les autres activités de l’entreprise, par exemple sur les achats, sur le service après vente, sur le marketing, on ne vend pas un produit mécatronique exactement comme on vend un produit purement mécanique ou un produit purement électronique . Ca a des impacts au niveau de l’organisation industrielle, parce que ça nécessite d’avoir recours à un grand nombre de compétences que même les grandes entreprises ne peuvent pas acquérir en interne, donc ça nécessite de développer des partenariats, ce qui pour un certain nombre d’entreprises n’est pas forcément une révolution mais en tout cas une évolution importante qui ne touche pas que le bureau  d’études, ça touche un peu toutes les activités de l’entreprise. Même chez les gros, c’est difficile, quand les gens chez Renault ou Valeo parlent de mécatronique, c’est difficile, c’est parfois plus facile pour les petites entreprises parce qu’elles ont plus l’habitude de travailler en partenariat, de travailler en réseau. Il n’y a pas de règle générale. Disons que c’est difficile pour tout le monde, parce que l’enjeu, c’est de bien maîtriser la complexité, que ce soit la complexité technique ou la complexité de l’organisation industrielle, et malheureusement, il n’y a pas de règle générale.

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