Interview : M. Nobile, directeur de la filière mécatronique à l’UTBM

CNVoici le premier interview sur ce site. Nous allons essayer de vous en proposer un par mois. Pour l’occasion, nous avons rencontré Claude Nobile directeur de la filière Conception des Systèmes Mécatroniques à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard. Il nous y explique les forces d’un ingénieur en mécatronique et sa place dans l’industrie aujourd’hui. Cette vidéo vient conclure notre petit dossier sur les formations en mécatronique en France ainsi que la liste des écoles d’ingénieurs.



Transcription de la vidéo :

Qu’est ce que la mécatronique?

La mécatronique est un domaine d’ingénierie interdisciplinaire permettant la conception et le contrôle des systèmes complexes.

Qu’est-ce qu’un ingénieur mécatronicien?

Dans l’industrie, un ingénieur mécatronicien a avant tout un rôle de chef d’orchestre plutôt que de soliste. En fait, il doit avoir une formation de généraliste plutôt qu’une formation très orientée et de spécialiste.

Pourquoi la filière mécatronique est-elle intégrée au département mécanique?

A l’UTBM, nous avons fait le choix d’intégrer la formation «conception des systèmes mécatroniques» au département Mécanique et Conception. Effectivement, en général, les systèmes mécatroniques ont comme caractéristique d’être à la base des systèmes mécaniques, qui vont devenir «intelligents» grâce à l’intégration des autres domaines scientifiques tels que l’électronique, l’informatique embarquée, etc.…

Quelles sont les matières enseignées dans votre formation?

Comme je vous l’ai dit précédemment, l’étudiant qui intègre la filière «conception des systèmes mécatroniques» possède les bases du mécanicien, c’est-à-dire qu’il a des connaissances en résistance des matériaux, en mécanique des milieux continus, en mécanique analytique et vibratoire, en mécanique des fluides. Il a des notions d’électronique de base, et puis de thermodynamique. Il est capable, d’analyser des mécanismes mécaniques.
Et, à partir de là, dans notre filière, qui se situe en fait les deux derniers semestres avant le stage industriel, on va lui apporter donc des compétences au niveau des capteurs industriels, des actionneurs, aussi bien les actionneurs électriques, hydrauliques que pneumatiques. On lui amène aussi des notions de matériaux, puisqu’il y a beaucoup de nouveaux matériaux et qui sont très intéressants du point de vue mécatronique. Et puis, on va aussi lui amener des méthodes d’analyse et de modélisation, par exemple avec les Bond Graphs, avec la notion de plan d’expérience, et on utilise pour ce faire des logiciels industriels tels que AmeSIM, Matlab, LabVIEW, 20-sim, etc.

Quelle est la place de la mécatronique dans l’industrie?

A l’heure actuelle, les besoins industriels sont immenses : la compétition internationale demande une capacité d’innovation très importante, et je pense que les industriels ont pris conscience que la mécatronique répond parfaitement à ce défi du futur.

Quelle relation a l’UTBM avec les entreprises?

A la base, l’UTBM a été créée en collaboration avec les industriels, puisque la maison mère est l’UTC, et donc on a des relations privilégiées avec les industriels. Dans leur formation, nos étudiants vont deux fois en stage, des stages industriels de 6 mois qui sont vraiment intégrés au niveau de l’entreprise, et, au cours de leur formation, en plus de ces stages, on peut les amener à leur faire faire des travaux de type industriel, des mini projets qui sont menés en collaboration avec une entreprise industrielle et un ou plusieurs enseignants chercheurs de l’UTBM.

L’UTBM possède-t-il un laboratoire de mécatronique?

Nous avons un laboratoire M3M avec une branche orientée « mécatronique ». Et dans la mécatronique, on est plus penché du côté des structures dites actives, donc on veut être capable de contrôler les phénomènes vibratoires dans les structures dynamiques.

Typiquement, de quoi est composé un système vibratoire?

Dans un système vibratoire, eh bien, on va avoir les différents aspects de la mécatronique, on a la partie vibration, on va savoir ce qu’est un mode propre, etc, et pour pouvoir gérer ces modes, on a besoin d’actionneurs, donc, en général, dans les structures, on intègre des actionneurs dits piézoélectriques, et puis des capteurs aussi piézoélectriques, parce que notre objectif n’est pas forcément de contrôler des structures de façon onéreuse, mais d’ essayer de les contrôler à faible coût.

Des exemples d’applications?

Les exemples concrets d’application sont nombreux: en aéronautique, du point de vue du comportement d’un avion, on essaie toujours d’obtenir un avion qui soit le moins vibrant possible pour que les caractéristiques d’écoulement du fluide par exemple autour des ailes ne soient pas perturbées par les systèmes vibratoires ; pareil au niveau des pales d’un hélicoptère pour éviter le bruit, donc, là, on a de plus en plus de pales actives. Malheureusement, cela coûte un peu plus cher au niveau des actionneurs mais c’est un produit mécatronique.

On peut avoir de façon beaucoup plus pragmatique et simple, par exemple les vibrations des structures internes des bus, tout le monde a déjà pris un bus et vu que ça vibrait de façon importante surtout au démarrage, donc pour éviter ces bruits parasites, on pourrait intégrer dans ses parois des actionneurs piézoélectriques qui,effectivement contrecarreraient ces vibrations.

Et puis un exemple, je dirais «grand public», c’est la raquette d’un fabricant bien connu qui a fait une raquette intelligente. Là aussi c’est un domaine mécatronique très fort, puisqu’on va trouver des problèmes vibratoires au niveau de la raquette de tennis. Il y a en fait, un microcontrôleur dans le manche, et quand on va frapper dans la balle, des fibres piézoélectriques au niveau de la structure vont donner l’information du choc au microcontrôleur, et le microcontrôleur va agir sur d’autres fibres piézoélectriques pour générer des vibrations qui vont s’opposer aux vibrations générées par le choc. Donc, on a une structure dite active.

Interview enregistré à l’UTBM en novembre 2009. AB Mécatronique ©

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13 réponses à “ Interview : M. Nobile, directeur de la filière mécatronique à l’UTBM ”

  1. Héloïse on 18 décembre 2009 at 11 h 02 min

    Tres bonne idée ces interviews!

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